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Apel.les FENOSA
« La Première –
dessins et figures »
L’écrivain Michel Cournot inspiré par une sculpture de Fenosa écrivit une fable qu’il intitula « La Première ». Séduit, le sculpteur en reprit le nom. Cette exposition s’organisait donc autour de cette sculpture monumentale, ainsi que de nombreux dessins de « La Première », destinés au choix de l’affiche de l’exposition que la galerie Jacques Dubourg consacra à Fenosa en 1970 -dessins méconnus car jamais exposés-. L’ensemble était accompagné d’une vingtaine de sculptures choisies afin d’illustrer toute la richesse de l’univers de Fenosa et de situer « La Première » dans son œuvre. Son mode de vie et les amitiés qu'il noua avec les intellectuels et les artistes, lors de son premier séjour dans la capitale, font que l’on a souvent rattaché Fenosa à l'Ecole de Paris. Mais en réalité, il fait partie de cette réunion de solitaires que constituait la colonie parisienne d'artistes Espagnols, et plus particulièrement le groupe catalan composé entre autres de Manolo, Julio Gonzalez, Gargallo ou Picasso. Tout au long de sa vie, Fenosa fut aidé et soutenu par ses amis écrivains, poètes, musiciens et artistes tels que Paul Eluard, Henri Michaux, Cocteau, Francis Poulenc, Ponge, Supervielle, Caillois …- dont il a fait les bustes - qui apprécièrent l'humanité de son oeuvre. Mais ce fut Picasso qui le premier l’a véritablement soutenu et lui a acheté ses premières oeuvres. Il disait de Fenosa « qu’il était son fils de mère inconnue ». Fenosa se détache de l'ensemble des sculpteurs du XXème siècle par son art épanoui hors de la mode et des courants, ne suivant que les élans de son cœur et la spontanéité de sa main. Il s'est attaché à travailler la matière en surface pour refléter les subtils courants de son émotion afin d'exprimer toute sa sensibilité poétique. Cette indépendance, lui a permis d'avoir une évolution rare dans la sculpture du XXème siècle ; du classicisme des oeuvres de jeunesse aux petits formats pleins de mouvement et de liberté pour s'achever dans un synthétisme extrême de ses formes allant jusqu'à l'abstraction. Son travail a été nourri par un rêve, comme il le confiait au poète Francesc Pujol, il souhaitait faire une sculpture qui rende les gens meilleurs.
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